Quand je chine mes lectures / Romans & personnages décadents

livres

Je chine beaucoup et je lis tout autant : dans le train, mais aussi dans mon lit, roulée en boule. Même si j’ai acheté une liseuse il y a quelques mois, je continue d’apprécier de tenir entre les mains un vrai livre, surtout quand il a connu d’autres foyers avant le mien. Je passe du temps dans les Emmaüs et les recycleries de l’Oise qui sont, selon moi, les adresses idéales pour acheter ses bouquins pour quelques euros. Une occasion de découvrir des titres sortis il y a plusieurs années, voire plusieurs décennies. Retour sur deux pépites lues récemment.

Δ My name is Billie Holiday, de Viktor Lazlo, paru en octobre 2012 chez Albin Michel

billie

J’ai lu ce roman en une journée, sous un plaid moumoute, au fin fond de la Normandie, dans une petite maison de famille où l’air embaumait le feu de cheminée. Entourée de neige et emmitouflée dans plusieurs mètres d’écharpes tricotées par mamie, le temps s’écoulait lentement. Il n’y avait pas de réseau, encore moins de Wi-Fi. Un weekend de déconnexion totale qui fait du bien (tellement c’est rare !)

Ce roman m’a marqué. Il met en scène l’histoire de plusieurs femmes, sur fond de quête d’identité, et met en lumière la destinée de Billie Holiday, chanteuse charismatique des années 1930 – 1940.

Ce roman n’est pas une biographie de Billie Holiday mais il s’inspire de sa vie, pour le moins mouvementée, pour raconter une histoire. Cette incroyable chanteuse de jazz et de blues des années 30-40, a connu l’abandon, la prostitution, la prison, la drogue et l’alcool. Une vie heureusement contrebalancée par le succès dans les années 1930. Des paillettes qui n’éclipseront jamais totalement les excès : elle en mourra en 1959, après nous avoir laissé d’incroyables chansons et sa voix suave.

A découvrir absolument.

A noter : J’ai appris récemment que l’auteure de ce roman, Viktor Lazlo, est également chanteuse. Elle a repris les plus belles chansons de Billie Holiday sur scène, en 2011, dans un spectacle également intitulé « My name is Billie Holiday ».

 ∆ Le marathon d’Honolulu, de Hunter S. Thompson, 1983

hunter-s-thompson-california-1972-by-annie-leibovitzEst-il encore nécessaire de présenter ce grand gourou du journalisme gonzo? Si vous ne connaissez pas ce personnage décadent, constamment cuité ou défoncé à toutes sortes de substances parfois complément méconnues, peut être avez vous déjà regardé « Las Vegas parano », film déjanté avec Johnny Depp, sorti en 1998. Ce film, devenu culte, est inspiré d’un des nombreux grands reportages délirants de Hunter S. Thompson. Il y aurait beaucoup à raconter sur ce génie des mots, adepte d’un genre de journalisme qui veut que le reporter s’immerge totalement dans son sujet (il écrit à la première personne). C’est ainsi que Thompson a côtoyé les Hell’s Angels, ces fous de dex-roues et de la castagne aux USA, pendant près de deux ans avant de sortir un livre racontant son épopée, en 1966.

En 1983, le journaliste part à Honolulu pour un magazine de running. Sur place, il doit couvrir un marathon. Finalement, et comme toujours avec Thompson, rien ne se passe comme prévu. Une pêche au merlan s’immisce dans l’histoire et, sous l’influence d’un certain nombre de psychotropes, de verres (ou de bouteilles) d’alcool et de la mégalomanie du reporter, on ne saura finalement rien du marathon.

Je conseille ce roman à ceux qui connaissent déjà Thompson, ou plutôt qui ont déjà découvert sa folie dans ses précédents opus, sortis dans les années 60 ou 70. Je pense à « Hell’s Angels », « Las Vegas parano » ou « The rum diary ». Avec le « Marathon d’Honolulu », vous vous confrontez à un Thompson que je juge plus mégalomane, plus fou encore, hanté par l’esprit contestataire des années 1960. Certains verront en lui un vrai beauf torturé, d’autres un surdoué des mots qui avait tout compris à la dinguerie de la vie… En 1983, les temps ont changé mais lui non. La majorité des rebelles des deux décennies précédentes se sont rangés et mis à la course à pied… Ce qui dégoûte profondément Hunter. Restent d’incroyables pépites, des paragraphes entiers qui, selon moi, frôlent le génie et me font pâlir d’envie.

« Le vrai reportage gonzo exige le talent d’un maître journaliste, l’œil d’un photographe artiste et les couilles en bronze d’un acteur. »
Hunter S. Thompson : Journaliste & Hors-la-loi (2013), biographie de William McKeen.

Pour les initiés 😉

Δ Quelques lieux pour chiner vos livres à bas prix 

• La bonne pioche, recyclerie de Margny-les-Compiègne : des romans de poche à 60 centimes

• Recyclerie de Villers-Saint-Paul : des livres à 50 centimes

• Emmaüs à Erquery, qui regorge de trésors 😉

 

 

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